AUTEUR : Bernard Lugan, né le 10 mai 1946 à Meknès, historien africaniste. Lancé sur le marché politique tel un nouveau smartphone, vous êtes, Monsieur Macron, un ignorant butor dont les propos concernant la colonisation sont doublement ...

 

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"Lancé sur le marché politique tel un nouveau smartphone..."

Bernard Lugan - Lettre à Macron-19.02.2017

AUTEUR : Bernard Lugan, né le 10 mai 1946 à Meknès, historien africaniste.

Lancé sur le marché politique tel un nouveau smartphone, vous êtes, Monsieur Macron, un ignorant butor dont les propos concernant la colonisation sont doublement inadmissibles.

1) En premier lieu parce qu’ils furent tenus à Alger, devant ces rentiers de l’indépendance qui, pour tenter de cacher leurs échecs, leurs rapines et la mise en coupe réglée de leur pays, mettent sans cesse la France en accusation.
Certains qui, parmi votre auditoire, applaudirent à vos propos d’homme soumis (cf. Houellebecq), et devant lesquels vous vous comportâtes effectivement en dhimmi, sont en effet ceux qui, le 1er novembre 2016, publièrent un communiqué exigeant que la France :

« (…) présente des excuses officielles au peuple algérien pour les crimes commis durant les 132 ans de colonisation et pour les crimes coloniaux perpétrés à l’encontre du peuple algérien afin de rappeler les affres de la répression, de la torture, de l’exil, de l’extermination et de l’aliénation identitaire car l’histoire du colonialisme restera marquée par ses crimes de sang et ses pratiques inhumaines ».

Candidat à la présidence de la République française, vous avez donc donné votre caution à de telles exigences autant outrancières qu’insultantes. Ce faisant, vous vous êtes fait le complice des pressions et chantages que l’Algérie exerce à l’encontre de la France afin d’obtenir d’elle une augmentation du nombre des visas ou tel ou tel avantage diplomatique ou financier. En d’autres temps, vous auriez donc pu être poursuivi pour « Atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

2) Ensuite parce que vos propos constituent non seulement un recul de l’état des connaissances, mais également le viol de ce consensus historique auquel étaient arrivés les historiens des deux rives de la Méditerranée. Or, par ignorance ou par misérable calcul électoraliste, vous les avez piétinés.
Au nom de quelle légitimité scientifique avez-vous d’ailleurs pu oser les tenir ? Avez-vous seulement entendu parler des travaux de Jacques Marseille, de ceux de Daniel Lefeuvre ou encore des miens.

Oser parler de « crime contre l’humanité », maladroitement rectifié en « crime contre l’humain », au sujet de la colonisation revient en réalité à classer cette dernière au niveau des génocides du XXe siècle, ce qui est proprement scandaleux. Sur ce terrain, vous voilà donc encore plus en pointe que Christiane Taubira, ce qui n’est pas peu dire... Pierre Vidal-Naquet, pourtant militant de la décolonisation et « porteur de valises » assumé du FLN écrivait à ce sujet :

« Assimiler peu ou prou le système colonial à une anticipation du 3e Reich est une entreprise idéologique frauduleuse, guère moins frelatée que l’identification, à Sétif, (…)  de la répression coloniale aux fours crématoires d’Auschwitz et au nazisme (…). Ou alors, si les massacres coloniaux annoncent le nazisme, on ne voit pas pourquoi la répression sanglante de la révolte de Spartacus, ou encore la Saint-Barthélemy, ne l’auraient pas tout autant annoncé… En histoire, il est dangereux de tout mélanger. Un sottisier peut-il tenir lieu d’œuvre de réflexion ? (…) L’air du temps de la dénonciation médiatique (…), le contexte social, économique et politique actuel est encore fécond qui continuera à générer de telles tonitruances idéologiques à vocation surtout médiatique ».

J’ajoute électoralistes.

Vous devriez pourtant savoir, Monsieur le candidat à la présidence de la République, qu’en créant l’Algérie, la France donna un nom à une ancienne colonie ottomane, traça ses frontières, unifia ses populations, y créa une administration et toutes ses infrastructures.

Ce faisant, y aurait-elle commis  un « crime contre l’humanité » ou « contre l’humain » ? Les chiffres de l’accroissement de la population ne semblent pas l’indiquer puisqu’en 1830, la population musulmane de l’Algérie n’excédait pas 1 million d’habitants alors qu’en 1962 elle avait bondi à 12 millions.

Serait-ce donc en commettant des « crimes contre l’humanité » que la France, ses médecins et ses infirmiers soignèrent et vaccinèrent les populations et firent reculer la mortalité infantile ? Serait-ce parce qu’elle commettait des « crimes contre l’humain » que chaque année, à partir du lendemain du second conflit mondial, 250 000 naissances étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3% de la population, d’où un doublement tous les 25 ans ? A ce propos, relisons René Sédillot :

« La colonisation française a poussé l’ingénuité - ou la maladresse - jusqu’à favoriser de son mieux les naissances : non seulement par le jeu des allocations familiales, mais aussi par la création d’établissements hospitaliers destinés à combattre la stérilité des femmes. Ainsi, les musulmanes, lorsqu’elles redoutaient d’être répudiées par leurs maris, faute de leur avoir donné des enfants, trouvaient en des centres d’accueil dotés des moyens les plus modernes tout le secours nécessaire pour accéder à la dignité maternelle. (…)(L’histoire n’a pas de sens, Paris, 1965, page 71).

Enfin, puisque vos propos indécents tenus à Alger obligent à faire des bilans comptables, voici, Monsieur le candidat à la présidence de la République, celui qui peut être fait au sujet de l’Algérie française : en 132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait jamais possédé après y avoir découvert et mis en exploitation les sources d’énergie qui font aujourd’hui sa richesse. Comme je ne cesse de l’écrire depuis des années, en donnant l’indépendance à l’Algérie, la France y laissa 70.000 km de routes, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels qui étaient propriété de l’Etat français ; 31 centrales hydroélectriques ou thermiques ; une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités. Dès l’année 1848, et alors que la conquête de l’Algérie était loin d’être achevée, 16 000 enfants en  majorité musulmans étaient scolarisés. En 1937 ils étaient 104 748, en 1952 400 000 et en 1960 800 000 avec presque 17 000 classes, soit autant d’instituteurs dont les 2/3 étaient Français (Pierre Goinard, Algérie : l’œuvre française. Paris, 1986).

En 1962, il y avait en Algérie, un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Tous ces équipements, toutes ces infrastructures, tous ces établissements ainsi que les personnels qui les faisaient fonctionner avaient été payés par la France et avec l’argent des Français.

Monsieur le candidat à la présidence de la République, je vous poste ce jour en RAR mon dernier livre « Algérie, l’histoire à l’endroit »[1], afin que vous puissiez mesurer l’abîme séparant la réalité historique de vos inacceptables propos.

Bernard Lugan

[1] Ce livre est uniquement disponible via l’Afrique Réelle. Pour le commander :
http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/nouveau-livre-de-bernard-lugan-algerie.html

Bernard Lugan Blog
 
  Bernard Lugan - Livre Algérie l'Histoire à l'endroit
 
 

Dingo président de la République

Nous avons désormais un déséquilibré à la tête de l'Etat, c'est évident. A l'occasion de sa visite chez Disneyland Paris pour le 25e anniversaire du parc de loisirs, le bonhomme qui nous sert encore de président jusqu'à début mai s'est montré en plein délire en parlant comme si aucun attentat n'avait eu lieu chez Charlie Hebdo, au Ba-ta-clan, à Nice... 238 morts depuis janvier 2015 ! Hop, passés à la trappe !

Une déclaration qu'il va falloir conserver comme l'une des scènes les plus affligeantes de l'histoire de nos présidents, au côté de Félix Faure, découvert mort dans un bureau de l'Elysée (1899), pompé par la rouquine Jeannne-Marguerite Steinheil, femme à la langue bien pendue ; au côté de Paul Deschanel, tombé d'un train en marche en pleine nuit (1920), retrouvé marchant en pyjama le long de la voie ferrée.

Hollande à Trump - Ici pas de gens qui tirent dans la foule-25.02.2017

Hollande Mickey

 

Ces gens-là

Géronte nous a écrit :

D'abord, d'abord, y a le Macron
Lui qui est comme un Rastignac
Lui qui a une grosse ambition
Lui qui nous arnaque
Monsieur tellement qu'y ment
Tellement qu'il a menti
Qui fait rien d'intelligent
Mais lui qui n'est pas gentil
Lui qui est complètement con
Et qui s'prend pour le président
Qui nous saoule pour de bon
Avec de vaines promesses
Mais qu'on retrouve en Algérie
Dans le cimetière qui déconne
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie
Et qui dit des conneries
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ce Macron-là
On ne pense pas beaucoup, Monsieur
On ne pense pas, on ambitionne
Et puis, y a l'Hamon
Des cheveux sur la langue
Qu'a jamais travaillé
Qu'est méchant comme une teigne
Même qu'il donnerait des leçons d'honnêteté
A des pauvres gens honnêtes
Qui a marié un parti
Un parti socialiste
Enfin d'un autre socialisme
Et que c´est pas fini
Qui fait ses p´tits meeting
Avec son p'tit costume
Avec son p'tit public
Avec son p'tit succès
Qu'aimerait bien avoir l´air
Mais qui a pas l'air du tout
Faut pas jouer les grands hommes 
Quand on n'est rien du tout
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n'vit pas, Monsieur
On n'vit pas, on triche
Et puis, il y a les autres
Le Mélenchon qui ne dit rien
Ou bien n'importe quoi
Et du soir au matin
Sous sa belle gueule d'apôtre
Et dans son cadre en bois
Y a la tête du Mitterrand
Qui est mort depuis longtemps
Et qui r'garde son troupeau
  Lécher les fions des Français
Et ça fait des grands flchss

Et ça fait des grands flchss
Et puis y a le Fillon
Qu'en finit pas d'vibrer
Et qu'on attend qu´il crève
Vu qu'c'est lui qu'est le danger
Et qu'on n’écoute même pas
C'qu'il peut raconter
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n'écoute pas, Monsieur
On n'écoute pas, on flingue
Et puis et puis
Et puis il y a Marianne
Qui est belle comme un soleil
Et qu'il faut savoir aimer
Que moi j'aime Marianne
Même qu'on se dit souvent
Qu'on aura un bon président
Avec des tas d'idées
Avec presque plus de problèmes
Et qu´on vivra en France
Et qu´il fera bon y être
Et que si c'est pas sûr
C'est quand même peut-être
Parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça
Qu'elle est trop belle pour nous
Qu'on est tout juste bon
À payer des impôts
J'ai jamais volé le fisc
Ou alors y a longtemps
Ou bien j'ai oublié
Ou il le méritait
Enfin ils ne veulent pas
Parfois quand il y a un vote
Semblant que c'est pas exprès
Avec ses idées fortes
Elle dit qu'elle basculera
Elle dit qu'elle changera
Alors pour un instant
Pour un instant seulement
Alors moi je la crois, Monsieur
Pour un instant
Pour un instant seulement
Parce que avec gens-là
Monsieur, on ne change pas
On ne change pas, Monsieur
On reste tel quel
Mais il est tard, Monsieur
Il faut que je rentre chez moi.

Jacques Brel -Ces gens-là

 

Le MP3 de la semaine 08 (Cab Calloway - Minnie the Moocher)

LE POINT -- François Hollande s'est rendu samedi (25.02.2017) sur le premier site touristique de France (Disneyland Paris), qui fête cette semaine ses 25 ans, « pour envoyer au monde entier ce message que la France est aimée [...]. Par les Américains, enfin la plupart des Américains, et partout dans le monde ». Sans jamais citer nommément son homologue américain, il a ajouté :

« J'enverrai peut-être un billet spécial à l'un d'entre eux
pour qu'il vienne au moins à Euro Disney
et qu'il comprenne ce qu'est la France.
» --

La France vue par François HollandeLa France vue par François Hollande

Avec cette sortie visant Trump pour sa récente déclaration que la France n'est plus la France (1), ce type qui nous sert de président atteint un sommet historique dans le vaste univers de la connerie. Rendons-nous compte : un président de la République française invitant le président des Etats-Unis à venir chez Disney pour comprendre ce qu'est la France ! J'ai vécu en France avec De Gaulle comme président. Qu'avons-nous fait pour mériter aujourd'hui un tel déshonneur ? Ah oui, la mémoire me revient subitement : 18 000 668 électeurs pour voter Hollande en mai 2012. Il va falloir boire ce choix funeste jusqu'à la lie. Et puisque les cons restent toujours aussi nombreux dans ce coin du Monde, peut-être enchaîner avec un quinquennat Macron (l'art français n'existe pas, nous avons commis un crime contre l'humanité en Algérie, il n'y a pas de culture française, etc.).

 Cab Calloway - Minnie the Moocher

(1) : S'exprimant devant quelque 10 000 délégués de la Conservative political action conference, la grand réunion annuelle des conservateurs américains, le président américain a pointé du doigt l'insécurité qui règne, selon lui, dans la capitale française : "Regardez la Suède, regardez l'Allemagne, regardez ce qui se passe en France, regardez Nice, Paris. J'ai un ami, un type bien, il aime la Ville lumière, il aime Paris. Année après année, en été, il allait à Paris avec femme et enfants. Je ne l'ai pas vu depuis un temps, je lui demande : 'Jim, comment va Paris ? 'Paris ! Je ne retournerai plus jamais à Paris, Paris n'est plus Paris !'". Le nouveau président américain s'exprimait alors sur le terrorisme islamiste et le groupe Etat islamique, qui perpétré plusieurs attentats en France. SOURCE : FRANCETVINFO

Caribou 95 nous a écrit :
Coup de téléphone entre Hollande et Trump : - Allo, Donald ? - Yes. - Ici c'est Dingo.

 

 

 

Tout va bien, je suis en bonne santé

Depuis vendredi 17 février, je suis pris dans le tourbillon du déménagement d'un proche, pour lequel j'avais promis ma contribution étroite. Au lieu des deux jours prévus du weekend, l'affaire s'est prolongée tout en s'envenimant par l'obstination ("inadmissible", "intolérable", dirait un ministre socialiste) de certains mobiliers de ne pas de se laisser reconstruire sans avoir auparavant dispersé quelques pièces d'assemblage et brouillé le cerveau des opérateurs. Je hais Ikea.

Et quand vous voyez un lave-vaisselle en état de marche refuser de redémarrer au motif futile que vous l'avez (délicatement) transporté à 1,2 km de son lieu de travail habituel, il vous prend une envie tout casser ou alors de vous asseoir face à lui sur un tabouret pour décapsuler une canette de Goudale en marmonnant comme nos ancêtres, qui avaient subi celle de 14 et celle de 40 : "Encore une que les Bosch n'auront pas !"

J'avais préparé mon MP3 de dimanche 18 qui était "Adieu mon pays" d'Enrico Macias, suite au voyage de Macron à Alger, mais je n'ai pu le terminer... En revanche, je fais une demi douzaine de tweets chaque jour. A bientôt, et merci d'avoir pris de mes nouvelles... Comme dirait le même Macron : "Je vous aime".

 
 
   
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